Je ne serai jamais une belle fille au volant d'une belle voiture

Histoires piétonnes

15 novembre 2009

the sun still shines

merci_marquyse Sweet love (Ghinzu)

You're my sweet love.
And every time I fall into the beauty of,
the endless of,
the grey blue of your eyes. I die.

You're my sweet love.
And every time I kiss the velvet of,
electric of, cinnamon of your lips...

You're my sweet love.
And every time it's you,
the way you move,
the way you breathe,
the way you look at me,
when I get lost in you.

And darling when you come,
hanging on a silence thread,
whispering your love,
whispering your grace.
And darling then you smile,
closing slowly now your eyes,
dripping down your cheek another tear from god.

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Carnet de thèse #2

Le prière d'insérer est un élément paratextuel éminemment fragile et précaire, chef-d'oeuvre en péril, bébé-phoque de l'édition, pour qui aucune sollicitude ne sera superflue. Ceci est bien un appel au peuple. (GENETTE, Seuil, p. 119, je souligne)

...le titre modifie le sens de l'épigraphe. On en trouve une illustration particulièrement savoureuse, si j'ose dire, dans l'Intermédiaire, où une nouvelle porte en exergue le célèbre précepte de sainte Thérèse d'Avila, "Faites ce qui est en vous" : la nouvelle s'intitule Introduction aux lieux d'aisance. Gide avait envisagé un effet de ce genre pour un chapitre des Faux-Monnayeurs, qui devait s'épigrapher d'une phrase attribuée à Paul Bourget : "La famille (...) cette cellule sociale", qu'aurait assez brutalement interprété le titre de ce chapitre : Le régime cellulaire. (ibid. pp. 159-160)

La mode en est aujourd'hui passée, ce qui hier faisait très chic fait aujourd'hui très plouc, mais la roue tourne, et le ringard d'aujourd'hui nous attendrira certainement demain, ou après-demain. Ne jetez pas vos vieilles épigraphes : elles pourront servir à vos petits-enfants, s'ils savent encore lire. (ibid. p. 162)

sexe_nourriture_selon_wendy_ding_L_1Les Romains définissaient la parfaite assimilation d'un peuple ou d'un individu par ces mots : connubium et convivium, le mariage (ou son équivalent) et la table. Deux actes profondément intimes : "copain", "compagnon", c'est celui avec qui on partage volontiers le pain ; "compagne", celle avec qui on partage, tout aussi volontiers, autre chose encore que le pain. Les deux types de sensualité se rejoignent et se conjuguent. (MOULIN, Les liturgies de la table)

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06 novembre 2009

Ode à l'automne

marquyse

Comme certains lecteurs de Vroumvroum le savent peut-être, je tiens une petite chronique - disons 'érotique' - dans les Flans Modernes, le journal subversif des romanistes de la place du XX Août, valeureux successeur de l'illustre Boîte à Saussure des années '90. En avant-première, voici un des deux articles du prochain numéro de Flamby.

Depuis de nombreuses décennies – voire peut-être plusieurs siècles, s’il on veut bien croire la mémoire livresque – il semblerait que l’être humain reconnaisse aux saisons le pouvoir de rythmer ses ébats. En effet, si le printemps fait naître chez les animaux les premières pulsions sexuelles annuelles, il chatouille également les utérus féminins et titille l’atout masculin. L’été n’est pas non plus en reste : les jambes dénudées qui se croisent et se décroisent aux terrasses des cafés, les torses virils et durs (les torses, ai-je dit !) qui se pavanent sur la plage et la canicule qui inspire les bouffées de chaleur et les siestes estivales (par définition, crapuleuses) sont autant de joies coquines et sensuelles au cœur de l’année. Quant à l’hiver, il est responsable des bébés de septembre : combien de parents n’ont-ils pas « mis le petit Jésus dans la crèche » ? Déjà qu’ils sont nés sous le signe de la Vierge (ouh ! menteurs !), ces personnes ne sauront jamais si elles étaient prévues dans le planning familial ou si elles sont le fruit d’un accouplement très imbibé le soir de la Saint Sylvestre.

Ne reste donc que l’automne, saison que Flamby célèbre dans ce numéro. Or cette période comprise entre le 21 septembre et le 21 décembre est bien mal placée sur le sexomètre (non, bien sûr : un tel objet n’existe pas mais il vaudrait la peine d’être inventé) : morte comme les feuilles des arbres, froide comme le vent de la Toussaint, terne comme le ciel de novembre. A l’image de l’ambroisie de Monsieur, la sève quitte les troncs ; les poils sur les jambes de Madame rappellent les forêts tapissées d’humus.

Cher romaniste, permets à ta Marquyse préférée de s’insurger contre cette déplorable baise baisse de régime ! En tant que disciple de la philosophie de Thérèse, lecteur de Baudelaire et du divin marquis, amateur des plaisirs de la langue linguistique, je te conjure de ne pas laisser dormir ta libido durant cette douce saison! Que t’inspirent donc les nacelles étroites des moult attractions de la foire d’automne? Que t’évoque cette heure supplémentaire que nous offre la nuit du dernier dimanche d’octobre ? Comment élimineras-tu les toxines et les calories emmagasinées durant la Saint-Nicolas et les sorties sur le marché de Noël ? Quelle meilleure façon de profiter de la chaleur de la couette quand dehors il fait si froid ?

Mesdemoiselles, virez-moi ces poils ! Messieurs, sortez vos armes ! Et souvenez-vous : c’est toujours en automne qu’on chasse la biche…

 

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03 novembre 2009

Carnet de thèse #1

bxl021109Notre philosophie? Thèse, antithèse, charentaises.

(Vincent Roca)

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31 octobre 2009

Des perles

Lui, en écoutant une compil' maison dans ma voiture : "Ce qu'il a de bien avec toi, c'est qu'à chaque fois qu'on écoute tes cd, on a l'impression d'être dans un épisode de Dawson."

 

toile_araignee_perles_rosee_5600Moi, en me réveillant : "Désolée pour cette nuit : je me suis levée et ça t'a réveillé."

Lui : "Qu'est-ce qui s'est passé?"

Moi, ni une ni deux : "J'avais besoin de faire caca."

Lui : "Et ben voilà, ça c'est fait! T'es tranquille pour un mois comme ça..."

 

Lui, toujours dans ma voiture : "Hé mais?! T'écoutes une chanson en français chantée par un homme? Mais?! Qu'est-ce qu'on a fait de ma Maryse??? Elles sont où tes chanteuses inconnues?"

 

Moi, en regardant Koh-Lanta : "Oh! Regarde Dave, un petit crabe mexicain*"

Lui : "Oh putain, comme tu torches!"

 

Moi, toujours en regardant Koh-Lanta : "Pfff! J'aime pas Kahouter. Et puis c'est pas un prénom, ça, Kahouter. C'est plus une étape du Paris-Dakar qu'un nom de fille!"

 

Le présentateur : "Il va falloir tenir sur les poteaux..."

Moi : "Je peux faire une feinte sur les poteaux? Oui, non?"

Lui, sentant le truc scabreux qui arrive : "Attention..."

(je vous fais grâce de celle-ci, elle était pas très distinguée)

 

Le présentateur : "L'épreuve des poteaux est certainement la plus dure de Koh-Lanta...."

Lui, style taquin désabusé : "Et ça? Poteau, dur... ça t'évoque rien? Aucune feinte cochonne?"

Moi : "Rhôôô si! Mais je me contiens, je me contiens."

 

Lui, faisant la diatribe de l'équitation : "... et puis pauvre cheval, quoi! Il a rien demandé lui et les gens s'amusent à le monter!"

Moi, sur un air coquin : "Peut-être qu'il aime ça, le cheval, de se faire monter..."

Lui, après un temps : "Mais t'en a pas marre?"

 

* Le crabe avait une carapace conique, comme un petit sombrero à pattes...

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23 octobre 2009

La douce douzaine

_coeurant

Ami lecteur qui lit ce blog attentivement depuis un an, tu dois savoir que nous approchons d'une période de grâce : le mois de novembre. Il y a 364 jours, j'apercevais dans la foule le visage d'un inconnu qui allait changer ma vie. Qui allait la rendre légère comme une bille de miel pops, douce comme un Stitch en peluche, belle comme une tablette Wacom. Le mois qui suivit cette 12e soirée pop-rock allait être celui - toujours très palpitant - des balbutiements amoureux, du coeur qui recommence à battre et d'interminables conversations facebookiennes. La suite de l'histoire, vous la connaissez. Une année de bonheur prolongé, de perles d'humour et d'articles dégoulinant d'amour. 

De ce joli début, je ne changerais pas une virgule... Beaucoup pensent que c'est le meilleur morceau. Personnellement, je ne trouve pas. Aux prémices d'une relation faits de bonne volonté, de nouveautés et d'exploits, je préfère le "vieil" amour de douze mois. Les regards complices qui n'ont plus besoins de mots pour se comprendre, la franchise et les chamailleries pour des bêtises, la pudeur qu'on laisse à la porte de la salle de bain, le rire qu'on pourrait écouter sans fin, les brosses à dents qui papotent dans le même gobelet, les goûts de l'autre que maintenant on connaît.

Samedi soir, il flottera dans l'atmosphère un air de déjà vu... Mais cet air-là, je veux bien le revoir des milliers de fois.

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21 octobre 2009

Des perles

Pearl_1_(devant X-factor, on s'amuse à dire du mal des candidats)
moi :"Rhô dis! Regarde comme il est laid celui-là!"
lui : "Mais enfin Maryse! T'es vraiment une pas gentille. Et si ton enfant est moche plus tard, tu feras quoi?"
(quelques minutes plus tard...)
moi :"Bouh! Comme elle est grosse celle-là!"
lui : M'enfin, c'est fou ça! Je souhaite que tes gosses soient gros et gras, tiens!"
(encore plus tard)
lui :"Mmmmh! Un noir..."
moi : "David! Tu te rends compte de ce que tu dis? (facétieuse :) Et si ton enfant est noir, hein? Tu fais quoi?"
lui, de sang froid : "Ben d'abord, première chose, j'te bute..."

(après-midi en mode larve, je végète dans le salon avec un pyjama en matière "peau de bébé toute douce")
lui : "Whou, dis moi, c'est quoi ce petit pyjama en éponge? Je croyais qu'on en faisait plus des trucs pareils!"
moi : "C'est mignon non? C'est tout douillet."
lui : "Et ça sert à quoi au juste?"
moi : "C'est pour rester à l'intérieur."
lui : "Ah ça! Je te le confirme!"

(après réparation des radiateurs)
moi : "C'est bizarre qu'il fasse bon dans la salle de bain, tu trouves pas?"
lui : "Personnellement, je trouve pas ça désagréable."

(installation des rideaux dans le bureau)
lui : "Tu peux attraper l'autre extrémité de la tringle, s'il te plaît?
moi, sur une chaise, sur la pointe des pieds, étirée de tout mon long et touchant à peine la tringle : "Gnnniii"
lui : " C'est bon, laisse tomber je vais le faire... Bétchette va!"

(je me lève pour aller faire le repas)
lui : "Tu nous fait quoi de pas nourrissant ce soir?"

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20 octobre 2009

La liste d'octobre

josephine_tome_2_penelope_bagieu_091001011639la bande dessinée : Joséphine (tome 2) de Pénélope Bagieu

le livre : La vérité sur Marie de Jean-Philippe (et au passage, on lit ou relit Faire l'amour et Fuir : à l'endroit ou à l'envers, on s'en fout. JP aussi, d'ailleurs)

11524_stale cd : Les souvenirs sous ma frange de Rose

le film : Julie et Julia (haaa! la bouffe!) avec les sérénissime Meryl Streep et la belle Amy Adams

le vêtement : le poncho violet de Princesse Tamtam pour cocooner à la maison

la série : Flashforward, avec Joseph Fiennes qui nous vient tout droit de Shakespeare in love, mais sans le bas collant (BeTV, chaque dimanche soir à 20h45)

le goût : vous prendrez bien un peu d'amour avec votre eau fraîche?

 

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19 octobre 2009

Un silence doré

Dernièrement, on m’a fait remarquer que Vroumvroum connaissait une période désertique : à peine trois articles postés depuis le début du mois, nous sommes effectivement en pleine disette. Je vous ferai grâce des excuses faciles inévitablement liées à un changement de régime : autre vie, autres devoirs, autres priorités. En réalité, la vraie raison de ce léger mutisme se situe au-delà du temps qui manque, loin de la carence d’inspiration, à mille lieues de l’absence d’envie.

viebelleIl est des choses qui ne sont pas toujours bonne à dire : la vérité en est une, le bonheur en est une autre. C’est difficile de raconter qu’on est heureux, c’est même parfois indécent. Dans un monde en crise et en banqueroute, sur une Terre à la dérive qui se noie dans ses propres océans, sur une Planète vouée au chaos, entourée d’hommes qui trichent, de femmes qui ont peur et d’enfants qui ont faim, il serait très impoli de dire que la Vie n’a jamais été aussi belle qu’aujourd’hui. C’est pour ça que je n’écris pas. Que je n’écris pas que chaque matin – après avoir gémi « Nooon ! Pas me lever, encore dodo ! », je l’avoue – je remercie ma bonne étoile de m’avoir mené jusque là, jusqu’ici. Et chaque jour, pour honorer cette chance incroyable, pour célébrer cette « sweet little life » qui est la mienne, je m’applique à savourer chaque chose, à goûter chaque instant. A la fin de la journée, j’obtiens une petite de riens-du-tout, d’événements insignifiants mais qui m’ont fait mieux vivre :

-        le sosie de Wayne Rooney dans le train

-        un couple de pigeons qui fait des rhm-rhm sur un appui de fenêtre

-        des collègues qui disent bonjour, qui proposent de ramener des sandwiches pour tout le monde

-        la mie moelleuse du pain frais

-        chercher un livre dans une bibliothèque, et le trouver !

-        chanter à tue-tête et casse-oreille dans la voiture

-        le petit vin blanc du lundi soir et quelques bougies dans le salon pour un apéro improvisé

-        se pelotonner dans le divan devant une émission stupide à la tv

 Je sais, c’est une honte, mais voilà : la vie est belle parfois :o)

 

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14 octobre 2009

C'est le pied, Ken!

BoitePapiers_g

J'en avais toujours eu l'intuition... Depuis hier après-midi, j'en ai la conviction : la vie d'adulte est bourrée d'emmerdes (pardon pour la vulgarité, il fallait que ça sorte).

Quand j'étais petite, je me demandais si un jour, moi aussi comme ma Maman, j'arriverais à enfiler des pantalons au Ken de Barbie (les Kens ont les pieds en angle droit, c'est un calvaire de leur mettre un falzar), si je saurais toujours où mes propres enfants ont laissé traîner leurs chaussures, si je parviendrais à résoudre les mille petits pépins du quotidien. 

Peut-être devient-on adulte à partir du moment où, face à un problème, on décide de le résoudre seul. Etant une petite douillette très assistée et une petite mesquine qui aime bien déléguer, je suis assez gênée d'avouer que mon entrée dans le monde des grands est toute récente.

"Bonjour paperasse! Que fais-tu de beau étalée sur mon bureau? Oh tiens! Salut la citerne. Mais dis, pourquoi pleures-tu? Attends, je vais t'appeler le chauffagiste. Et toi le radiateur, arrête de surchauffer : on va te le réparer ton thermostat. Bonjour le conteneur à puce... heu... ah non, tiens. Lui, va falloir le commander (youpie!). Et j'ai oublié qui là, les p'tits chéris? Les courses, le souper, les verres consignés et ... ooooooh! pupuce! ma vaisselle chérie! j'arrive j'arrive : Maman est là pour te faire prendre le bain et te rendre toute propre toute belle!"

19_P005_M020240_boites_metal_apero_derriere_la_porte_pIl paraît que si je trouve tout ça déjà chiant, alors je suis pas sortie de l'auberge parce que le pire est à venir. Pas faux. En attendant, ce soir en rentrant à la maison, j'étais fatiguée de tous ces problèmes à résoudre, de toutes ces choses à penser. J'ai déposé mon sac à l'entrée, suspendu mon manteau au crochet et posé mes bottines... près de ses chaussures. Et là, je me suis dit : la vie des grands a quand même de bons côtés! Et si ce soir, on prenait l'apéro?

Un pépin à régler, ça serait bien un p'tit quelque chose à fêter... Non?

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