Je ne serai jamais une belle fille au volant d'une belle voiture

Histoires piétonnes

10 mai 2009

Morceau choisi

51cy7ilcx0l_ss500_"Je veux qu'on m'aime comme on aime un rêve. Je veux qu'on me protège ; qu'on me tienne secrète comme un trésor et qu'on m'exhibe comme une émeraude. Je veux qu'on vienne m'attendre à la sortie du bureau, un café dans une main et le coeur dans l'autre. Je veux partager mes fantaisies. Je veux un artiste, quelqu'un qui mette des paillettes dans mes yeux et des étoiles dans mon ciel. Je veux des surprises, de l'inattendu. Je veux manquer à quelqu'un, je veux être muse, je veux inspirer. Je veux être adorable et imposer. J'aimerais être un mystère, un phénomène qui passe. J'aimerais mourir d'amour et que l'amour soit toute ma vie. J'aimerais juste en valoir la peine. J'aimerais recevoir un cadeau à Noël : pas grand chose, un rien me suffirait. Mais un geste. Je mérite bien un tout petit quelque chose, non? Je veux qu'on s'endorme en m'ayant juste embrassée sur le front, juste de la tendresse. Voilà, c'est ça. Je veux DE LA TENDRESSE. Je veux ce que je n'ai pas, ce que je n'aurai jamais, jamais parce que "ça ne se fait pas". Mais mes voeux sont là, bien au creux de moi et bien à plat sur cette feuille et je sais que je peux m'y réfugier. A l'abri. Et même si je ne reçois plus d'amour, s'il n'y a pas d'étoiles, pas de café, pas de paillettes, pas de Noël, pas de surprises ; s'il n'y a rien, j'aurai toujours mon rêve à moi, au chaud, qui vivra. Et toute ma vie je garderai l'espoir d'avoir été cette statue magnifique, cette âme prisonnière de son corps de Pierre qui n'aura jamais pu dire au jongleur à côté d'elle toutes ces choses d'amour qu'elle rêvait de lui murmurer. D'amour et de tendresse."

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01 septembre 2008

Boudoir et f...

(article de décembre 2007)

Chaque Faculté a ses traditions : les vété ont leur célébrissime baptême, les hec ont leurs semaines d’élection , les médecins ont leur numerus clausus. Qu’ont les romanistes que les autres n’ont pas ? A première vue, pas grand chose. Il n’y a pas, aux 3e et 4e étages de la place Cockerill, de rituels d’intronisation, d’examens de passages, de spécificités estudiantines.

Cependant, il se pourrait bien que notre année à elle seule se différencie des autres : en effet, la future promotion 2009 est particulièrement festive et imaginative. On se souvient des bonnets de Mère-Noël Maud(2005), du goûter de Noël qui avait réuni professeurs et élèves (2006), des soirées à la Maison des Artistes pour fêter la fin des examens (juin 2006 et 2007), des cadeaux-cacahuètes géants (2006 et 2007),…

Cette année, pour ne pas faillir à la jeune tradition, nous avons suggéré un goûter de Noël qui s’est tenu dans la dernière demi-heure du cours de Littérature française des 17e et 18e. Le petit plus de cette nouvelle édition : le goûter était à thème. Et comme le sujet du cours était « la littérature érotique », notre penchant libertin nous a fait choisir « le boudoir » comme motif : en référence au biscuit et à la pièce où se déroulent les ébats coquins et les réflexions philosophiques de notre vieux copain le Marquis de Sade.

Alors que d’autres se bousillent le foie avec des litres d’alcool, se tordent les boyaux au genièvre et se saoulent pathétiquement à la Cara-Pils, les romanistes se sont délectés de « Crumble apple pie », de marshmallows et de thé blanc… A chacun ses vices ! Pour égayer le moment, notre professeur a proposé un jeu d’esprit : chacun devait trouver un mot rimant avec « boudoir ». Le plus original remporterait la palme.

Selon vous, quel mot à connotation érotique (limite vulgaire) rimant avec « boudoir » ai-je inscrit sur mon petit papier ? Je vous aide : il commence par f-
« Qui a suggéré ce mot-là ? demande Madame X. Rhôôô ! Maryse ! Vous ?! Qui l’eut crû ? »
Et la petite Maryse de piquer un far, comme à son habitude lorsqu’elle est morte de honte.

Vous avez trouvé le mot? Hé bien, vous savez quoi ? C’est moi qui ai gagné !

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Bouldou and me

(article d'octobre 2007)

Qu’on se le dise : je n’ai jamais été convaincue par les Happy Hours « 2 pour le prix d’1 » : lorsque je vais dans un bar pour boire un verre, je vais effectivement dans un bar pour boire UN SEUL verre. Et si j’en reprends un, je préfère changer de goût. Cela dit, hier soir, j’ai compris pourquoi elles étaient happy, ces hours, et comment elles pouvaient me rendre tout aussi « happy »…pompette quoi !

Hier soir, jeudi soir : happy hours au Tamt-Tam et jam session chez Bouldou. Ma Soeurette Grenadine et moi nous transformons en groupies pour aller applaudir les Grunhaut Monkeys (amis de Grenadine) : bottes, jupes et boucles d’oreilles…Ce n’est certainement pas la pluie torrentielle qui nous arrêtera et, pour chasser le sale temps de Belgique et chercher un peu de soleil, nous entrons au Tam-Tam. Lorsque je vois arriver les deux longs verres devant moi, je reste perplexe : c’est pas grave, me dit Grenadine, tu seras « la grande sœur bourrée », mes amis te trouverons comique ! Deux Kiss me quick (abricot-ananas-whisky) plus tard, Maryse est chaude comme la braise (- Tu me dis « Attaque ! », j’attaque, ma poule ! Tu n’as qu’à me choisir une proie.) et Fany doit calmer ses élans (- Non mais je t’assure Maryse, t’es pas obligée de finir le deuxième cocktail…je veux pas être obligée de te ramasser).

A 22h30, nous franchissons l’entrée de chez Bouldou : onzième anniversaire du café et soirée Rolling Stones pour fêter l’événement. On s’assied tous autour d’une table, entassés sur les chaises en bois, enfumés par les rockeurs ringards qui s’envoient des bières dans le gosier, assourdis par le bon vieux rock américain… On est bien.
Tellement bien qu’on en donne envie : un Anglais s’approche de nous et s’émerveille de voir « a group of people who loves each other ». It’s so nice to see. D’accord, le mec est bourré, mais il est « binamé ». So long, my friend.

23h30 : les garçons n’ont toujours pas joué (et ont dû essuyer quelques refus du patron : ce soir, c’est son groupe qui joue, na !). Il est temps que les filles passent à l’action. Ni une ni deux, Aline, Grenadine et moi, nous traversons la foule à la recherche de la moumoute grisonnante de Bouldou : le sosie de Mick Jagger est devant la scène et éponge sa nuque luisante de sueur (beurk !). Nous bondissons sur lui : à coup de supplications et de jolis sourires, nous obtenons l’accord du grand manitou en pantalon de cuir. Les Grunhaut Monkeys montent sur l’estrade et emplissent enfin le bar d’un jeune souffle électrique. Bouldou a l’air content, les spectateurs applaudissent, la musique est excellente : il suffisait d’être une fille !

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Marie-Claire a la solution

(article de septembre 2007)

S’il y a bien quelque chose que maman et moi avons en commun – à part le même nez, les mêmes yeux, la même taille – c’est : le goût des magazines féminins ! Le Marie-Claire pour faire chic, le Gael pour s’inspirer, le Cosmo pour se mettre en forme, le Gala pour rêver (qu’on épouse un Casiraghi, qu’on se réveille dans les draps de lit du palais de Windsor, qu’on assiste au baptême de la petite princesse danoise). Imaginez donc deux furies, deux furieuses papivores telles que nous, lâchées en pleine librairie dans l’aéroport de Zaventem, à la recherche de quelques belles images et bons articles pour passer le temps : et que je te commente le nouveau parfum d’Hermès, et que je me lèche les babines devant un numéro « spécial cuisine », et que je te feuillette en vitesse avant que le petit monsieur du comptoir nous interpelle.
- « Hé bien Mesdames ! Vous achetez ou vous n’achetez pas ? »
Nous ? Mais bien sûr qu’on va t’acheter un magazine, mon joli mignon : c’est juste qu’on hésite encore entre people ou mode, français ou belge, petit modèle ou édition double. Dilemme. Finalement, le choix sera vite fait : le MC titre en grand « Jolies, intelligentes, mais seules… Pourquoi ? ». Oui, pourquoi ? Je veux savoir, j’achète. Mon petit doigt me dit que la réponse, je la connais déjà… Cela dit, je gagne 410 pages de pur plaisir contre 3, 10€ : à ce prix là, je me doute qu’ils ne vont pas me la fournir, la réponse à cette question cornélienne (et en prime, le moyen de dénicher le rare spécimen beau, intelligent et musclé : l’Homme !).
Je tends le magazine au vendeur pakistanais qui s’impatientait. Il me rend la monnaie avec un clin d’œil : s’te plaît Ma’m’zelle…
Ha ! Mon joli mignon, si seulement tu faisais 1m80, si seulement tu avais de grands yeux clairs, la mâchoire carrée et un excédent de matière grise! Marie-Claire m’aurait filé la solution…

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