Je ne serai jamais une belle fille au volant d'une belle voiture

Histoires piétonnes

16 avril 2009

Constipée?

Cet après-midi, après être passée sous les ciseaux experts de ma coiffeuse préférée et dans les cabines roses bonbon à cabochons de la boutique Princesse Tam-Tam (hé hé hé!), ma Maman m'a envoyée au Champion acheter des boîtes de céréales. Fait anodin, me direz-vous, pas de quoi en faire un article. Hé bien si, les amis! Attendez la suite : ceci est encore une succulente aventure piétonne.

- "Fais une razzia, m'a dit Maman, prends-en autant que tu peux."
Que je vous explique : ma petite soeur et moi aimons follement les All-bran. Elle ceux au chocolat, moi les petites baguettes. Seulement voilà : ceux que mange Fany sont presque introuvables et, quand les magasins en sont pourvus, les boîtes sont souvent hors de prix. Ce qui est rare est cher, c'est bien connu. Mais chez Champion, les divins petits coussins à 17% de fibres sont à un prix raisonnable donc, nous, on vide les stocks!

all_bran_chocoMe voici donc dans le supermarché, me haussant sur la pointe des pieds pour atteindre une cinquième boîte de Kellog's (il y en avait encore trois, mais elles étaient vraiment inaccessibles... mea culpa). Je passe ensuite à la caisse où la vendeuse me sourit malicieusement :
- "Voulez-vous un sac recyclable à 2 cents?"
Si je veux un sac recyclable à 2 cents? Boh. Non : quand on est radin comme moi, on se débrouille avec ses deux bras. Du coup, me voilà marchant dans les rues du centre-ville, savamment brushée, un petit sac violet se balançant au creux du coude et 5 boîtes d'All-bran en pyramide devant moi...

Vous imaginez? Forcément, les gens sourient : "Oh ben dis... Elle doit être vachement constipée cette fille-là!".
- "N'en abusez quand même pas!" m'a dit un monsieur en passant derrière moi.

Si je regrette de ne pas avoir "voulu un sac recyclable à 2 cents"? Certainement pas! Grâce à mes Kellog's, des gens ont souri... Et vous, peut-être aussi.

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12 décembre 2008

C'est écrit dans les étoiles (et dans le Glamour)

Parmi les petits plaisirs égoïstes de la vie (simples, voudrais-je préciser : exit donc l'onanisme et les bains au champagne), il y a celui de passer par la librairie avant de prendre le train. Tous les navetteurs de la SNCB vous le diront : il n'y a rien de plus délectable que de s'installer bien confortablement dans le simili-cuir des fauteuils rabougris, de se laisser bercer par le "tougoudoum" des rails et de se plonger avec passion dans les frasques de Britney Spears ou l'article spécial "Perdez 3kg avant les fêtes". Evidemment, c'est toujours à ce moment-là que débarque le voisin chiant, la lointaine copine à qui on n'a rien à dire ou une armada de petites Rihana qui rigolent à gorge déployée.

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Heureusement, hier après-midi, il n'y eut pas de troubles de fête. Le moment le plus délicat fut de choisir entre le Cosmo (à bas le sexuellement correct, 19 conseils aux garçons, Amour : les phrases à éviter) et le Glamour (Je veux booster ma vie, Mince tout l'hiver, Astro 09 : l'année de l'amour fou ). Entre les deux, mon coeur balance... J'opte finalement pour le second. Drôle de choix. Je m'explique.

Il est bien connu que les numéros de janvier sont largement occupés par un volet "astrologie" : que va-t-il vous arriver en 2009? serez-vous embauché dans l'entreprise de vos rêves? Allez-vous rencontrer le grand amour? Allez-vous larguer votre légitime du moment, oublier définitivement votre ex, avoir un amant? Votre chien va-t-il se faire piquer, votre grand-mère fera-t-elle des confitures en été et votre frère va-t-il vous battre à FIFA 08 sur PS3 ?

Objectivement, on s'en mord le lobe. Franchement, qui a envie de savoir ce qui lui arrivera demain? Procédons logiquement : si un malheur doit vous tomber dessus, autant ne pas le savoir puisque, de toutes façons, il est inévitable. Et si, par contre, c'est un bonheur incommensurable qui doit ensoleiller votre petite vie miséreuse, autant avoir la surprise, non?

"Cancer. Le mot-clé de votre année : renaissance... Du passé (amoureux), vous faites table rase."

Il était temps, merci les étoiles!

"Vous êtes prête à changer, même si ça doit faire un peu mal. Fini de vous abriter derrière toutes les raisons qui vous empêchaient jusque-là d'être heureuse."

Moi? Pas heureuse? Ah. J'avais même pas remarqué.

"...pouvoir commencer à écrire le prochain chapitre de vos aventures amoureuses."

Bon. Si c'est la suite du chapitre commencé fin 2008, je signe et je l'écris à deux mains s'il le faut. Seule chose qui me titille, les -s dans "aventures amoureuses" : j'ai l'impression d'être l'Indiana Jones des affaires sentimentales. Ne nous formalisons pas : les garçons, c'est comme les mignardises. Faut un peu goûter à tout pour savoir ce qu'on préfère.

"Août, septembre, octobre, soit douze grandes semaines pour passer à autre chose, oser sortir de votre coquille, ne plus être dans le drame intérieur permanent."

Le drame inté-quoi? On se fout de la gueule de qui, ici? J'ai une tête dramatique, moi? Avec mes oreilles de lutin, mes pommettes de nain de jardin et ma blague du petit ours polaire (Oooh! vous la connaissez pas encore, celle-là! Bon. C'est l'histoire d'un ourson polaire sur la banquise qui va demander à sa maman...).

"Vous trouvez qu'on vous pousse, qu'on vous bouscule.."

Je ne me réveille pas, comme d'habitude.

"2009, c'est aussi une année où certaines coupent le cordon avec leurs parents : déménagement plus loin de chez eux, déclaration d'indépendance... "

Yeah! Rock attitude. J'aime.

Et le fait que mon horoscope soit à la page 69, ça signifie quelque chose, Madame? :)



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15 juin 2008

Un air d'autoroute

Vous souvenez-vous du clip "In demand" de Texas? La belle Sharleen Spiteri et Alan Richman (le professeur Rogue, pour ceux qui préfèrent...) sont à l'arrière d'une décapotable dans Paris illuminée. Ils passent notamment par une station essence et improvisent une danse outrageusement sensuelle (http://www.youtube.com/watch?v=G7A_bJFZNXE).
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J'adore cette vidéo : je la trouve magistrale car elle permet de poser plein de questions et ne donne aucune réponse. J'aime les contrastes qu'elle exacerbe : jeunesse/vieillesse, tendresse/violence, abandon/retenue d'un sentiment qu'on ne saurait parfaitement définir.

Si je vous parle de cette belle chanson (car la musique n'est pas non plus à négliger : allez jeter un coup d'oeil aux paroles...), c'est que, bien sûr, elle entretient un rapport avec ma phobie de la conduite automobile (Sharleen Spiteri ne conduit pas... elle SE LAISSE conduire), mais aussi avec mon goût des stations essence et autres aires d'autoroutes.

Cela tient peut-être à l'odeur du diesel, à ces lumières électriques, à la sensation de no men's land,... ou à cette relation passionnelle entre des amants interdits? Je ne sais pas, mais j'imagine que la vidéo a dû travailler mon subconscient, durant toutes ces années. Aujourd'hui, si j'ai bien une chose en commun avec ce clip (et dont je puisse décemment vous parler), c'est... la robe! Jugez plutôt :
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11 juin 2008

On the road... again

Il y a tout de même une chose que je risque de regretter si vraiment je ne mets pas vite à conduire : les "road-trips". Rouler de longues heures durant, la fenêtre ouverte et les cheveux au vent ; m'arrêter sur des aires d'autoroute et siroter l'infecte cappuccino d'une vulgaire machine ; écouter The Cranberries et The Cardigans en poussant sur l'accélérateur.

153023__etown_lHier soir, j'ai regardé pour la énième fois "Rencontre à Elizabethtown" : c'est fou comme j'aime ce film. Il est parfait : intelligent, drôle et plastiquement beau. C'est fou comme j'aime Orlando Bloom qui joue dedans. Il est parfait : intelligent, drôle et plastiquement beau. Ces trois mots-là, ces trois maux-là sont contagieux!

Ce film est le parfait exemple d'un road-trip : voyage sur le bitume et sur les sentiers sentimentaux, escapade au travers des voies à grande vitesse et dans les chemins de vie. Le road-trip y est matériel et abstrait, physique et métaphysique. J'aimerais être Drew et conduire une berline... mais j'aimerais aussi être Claire pour me trouver un Drew...

1dunst_gal_elizabethtownEt parler à quelqu'un toute une nuit au téléphone, jusqu'à en avoir mal à l'oreille.
Et panser les blessures de l'autre qui a mal sans plus penser aux miennes.
Et lui faire des surprises, lui réinventer un monde magique, lui enchanter la vie de mille détails futiles.

En fait, tomber amoureuse, c'est le plus beau road-trip qui soit, non?
Pas besoin de conduire pour ça...

Ouf! Je suis sauvée!
:o)

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01 juin 2008

Les doux avantages d'être piétonne

On peut me reprocher de ne jamais conduire. Soit. Mais j'ai un argument choc contre ceux qui veulent me faire la morale : c'est bien plus facile de se faire draguer quand on est à pied!

Car si j'étais un garçon, effectivement, je ferais le malin au volant d'une Alpha, en faisant ronronner ma Jaguar ou rugir ma Mercedes. Je proposerais aux filles de les raccompagner en fin de soirée, je les éblouirais avec mes phares et les allongerais sur le cuir beige de mes sièges rembourrés.

Or (attention : le scoop!) je suis une fille! Et en tant que célibataire, je trouve ça délicieux de ne pas être motorisée le soir (- Je te ramène? - Oh oui, s'il te plaît! Merci...), de croiser de beaux garçons en rue et de regarder les automobilistes au feu rouge (surtout ceux qui arrivent, freinent et oublient de s'arrêter et "bang!" rentrent dans le coffre de la voiture devant : j'aime distraire les conducteurs!).
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J'adore arriver à pied, chaque matin à l'Université et dire bonjour au jeune vendeur des Halles qui me gratifie d'un charmant sourire au milieu des aubergines, des fraises et du gingembre ; j'adore entendre un compliment au détour d'un carrefour, rougir de plaisir et faire comme si je n'avais pas entendu ; j'adore marcher, flotter, cheminer guillerette vers les Guillemins en pensant "Qui vais-je rencontrer aujourd'hui?"

Vais-je vous rencontrer un jour?

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22 mai 2008

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage…

Et les autres, alors ? Ceux qui font des voyages éclairs et des pérégrinations journalières ? Doivent-ils uniquement souffrir d’être ballottés dans le tram, de se faire intoxiquer par les odeurs moites des bus ou de n’avoir qu’un quart de fesse posé sur la banquette d’un wagon ?

Non, bien sûr que non ! Le dieu Hermès veille aussi sur ces voyageurs-là (hé oui ! Hermès n’est pas que le saint-patron des HEC…). Alors, que tous les navetteurs se réjouissent : passer quelques minutes dans les transports en commun, c’est voler quelques minutes à l’éternité.

C’est s’amuser à regarder les gens dans les yeux, leur sourire et les surprendre parce que vous avez remarqué qu’ils sont là, qu’ils existent et qu’ils sont bien vivants : ils vous en seront entièrement reconnaissants pour le reste de la journée !

C’est épier les conversations de ces gens qui parlent à leur portable, qui se croient intelligents parce que (a) leur Nokia est du dernier cri, (b) eux ils ont un ami, vous visiblement pas, (c) ils placent dans leur pseudo-dialogue des chiffres avec plein de zéros, des mots en anglais et des noms de villes étrangères. A faire : écouter, sourire, penser : « Pauvre nouille ! ».

C’est mettre les écouteurs de son iPod dans le creux de nos oreilles et écouter « Le bonheur » de Berry en rêvant.

C’est lire des condensés d’intelligence, d’esprit et d’humour. Des histoires courtes, de brefs romans, des livres où se pêchent les extraits comme des poissons dans la rivière sauvage des rails de la sncb… Petite liste pour vous inspirer :
- L’intégrale des brèves de comptoir, de Jean-Marie Gourio : paroles authentiques de poivrots, dialogues émechés, sans queue ni tête, de quidams accoudés au zinc. Décapant !
- Une gourmandise, de Muriel Barbery : descriptions gustatives et émotions des papilles. Appétissant !
- Lire aux cabinets, de Henry Miller : souvenirs d’un lecteur illustre. Quand la grande littérature hante les w.c.
- Daisy Miller, de Henry James : portrait d’une femme parmi tant d’autres. Petit chef-d’œuvre à 2€ chez Folio.
- Bad Girl, de Cameron Tuttle : comment être une emmerdeuse qu’on respecte. Cosmo-addicted, ruez-vous dessus.
- La première gorgée de bière, de Philippe Delerm : les délicieux petits moments de la vie esquissés avec talent.

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20 mai 2008

Il n'y a pas que les madeleines...

2435544234_5082010254_o(…) ne pouvant me résigner à rentrer à la maison avant d’avoir serré dans mes bras la femme que j’avais tant désirée, j’étais pourtant obligé de reprendre le chemin de Combray en m’avouant à moi-même qu’était de moins en moins probable le hasard qui l’eût mise sur mon chemin. Et s’y fût-elle trouvée, d’ailleurs, eussé-je osé lui parler ? Il me semblait qu’elle m’eût considéré comme un fou ; je cessais de croire partagés par d’autres êtres, de croire vrais en dehors de moi les désirs que je formais pendant ces promenades et qui ne se réalisaient pas.Ils ne m’apparaissaient plus que comme les créations purement subjectives, impuissantes, illusoires, de mon tempérament. Ils n’avaient plus de lien avec la nature, avec la réalité qui dès lors perdait tout charme et toute signification et n’était plus à ma vie qu’un cadre conventionnel comme l’est à la fiction d’un roman le wagon sur la banquette duquel le voyageur le lit pour tuer le temps.

MARCEL PROUST, Combray

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15 mai 2008

Les joies du train

C’est une belle histoire.
Elle pourrait s’être passée dans un film avec Meg Ryan, un roman d’Anna Gavalda, une chanson d’Edith Piaf.
Elle ressemble au printemps, à un pommier japonais en fleurs, aux pommes caramélisées d’une tarte Tatin.
Elle est magistralement romantique.

C’est une histoire vraie.

Ce soir-là, je pris le train de 19h44 : la nuit tombait déjà, il faisait froid et trois de mes doigts étaient devenus complètement bleus (ce détail est sans importance, mais je le trouve amusant : je dois souvent déplorer la mort du médium ou de l’annulaire par temps de gel).
Je rentrai donc dans un wagon, m’installai sur la banquette et attendis que le train démarre en regardant la carcasse des Guillemins, subtilement illuminée.
Je souriais ; comme on peut bêtement sourire parce qu’on est simplement heureux, simplement vivant.

Le train démarra et laissa derrière lui les bruits de la ville pour se plonger dans la campagne ennuitée. Le contrôleur entra dans la cabine :
- « Titres de transport, s’il vous plaît. »
C’est alors qu’il arrête son regard sur mon abonnement et, plus précisément, sur la photo d’identité : une petite Maryse alors âgée de 18 ans, avec des cheveux longs et un col roulé noir. Le contrôleur me regarde et me dit en souriant :
- « Tiens ! Je vous ai vu hier, vous ! Vous êtes descendue dans une petite gare… »
Et de citer le nom de mon village. Je balbutie, m’emberlificote dans quelques mots, trébuche sur cette sympathie si soudaine. Soyons réalistes : un contrôleur est rarement sympathique. S’il l’est, par bonheur, il y a peu de chance pour qu’il retienne votre frimousse. Et si, effectivement, il se souvient de vous, il ne passe pas son temps à vous serrer la pince et à faire un brin de causette avec vous durant le trajet !

J’étais donc surprise et ravie de ce trait d’humanité : vive les transports en commun ! Vive la sncb ! Mais…l’histoire n’est pas finie, le plus beau reste à venir.

Lorsque je descendis du train, il se passa quelque chose d’assez extraordinaire. Le gentil contrôleur était descendu sur le quai et lorsque je passai devant lui, il se rapprocha de moi… Il s’excusait, il n’avait pas l’habitude de faire ça, même : il ne l’avait jamais fait ! Pourtant, il se demandait si, éventuellement, je serais d’accord pour aller prendre un verre avec lui une fois, un jour…
Je dus certainement devenir rouge comme une pivoine, troublée comme la water under bridge !
- « C’est un peu rapide, ne croyez-vous pas ? Peut-être que si le destin nous replace une troisième fois sur le même chemin… »

Le contrôleur comprend, il sourit, il est adorable. Ses yeux débordant de gentillesse me souhaitent une bonne soirée et l’air se parfume soudain de légèreté.
Je m’éloigne et lui remonte sur la plate-forme. Je marche, un pas, deux pas ; je n’en reviens pas de ce qui vient de m’arriver. Un sifflement, le train démarre. « Ne suis-je pas en train de rêver ? ». Pour en être bien certaine, je me retourne. Et là. Le contrôleur, debout sur la plate-forme, avait continué de me regarder avancer sur le quai. Voyant que je me retournais, peut-être a-t-il crû que je changeais d’avis, car sans autre expédient, le voilà qui saute du train en marche et donne un coup de sifflet pour l’arrêter brusquement ! Or, je n’avais pas changé d’avis… J’ai continué à marcher dans l’autre direction et le pauvre contrôleur a dû remonter dans le train qui a redémarré, une seconde fois. A cause de moi.

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11 mai 2008

Les joies de la bicyclette

Mon papa m’a dit dernièrement :
- « Maryse, il y a une chose que j’ai ratée dans ton éducation : tu ne sais pas gonfler un pneu de vélo. »

De deux choses, l’une : avec « une » chose, il est gentil… On pourrait me trouver beaucoup d’autres imperfections (la première étant bien sûr mon incapacité à conduire une voiture !).
L’autre : effectivement, je ne sais pas gonfler un pneu de vélo ! – shame on me. Dans mon vocabulaire, une pompe, c’est un exercice de fitness ; une pipette, c’est une des trois chanteuses ; une pédale, c’est avant tout un mec qui a viré sa cuti. Ce n’est pas de ma faute si la roue de mon vélo me regarde toujours avec des méchants yeux qui disent : « Gnark gnark gnark, petite Maryse… On va être tout raplapla pour que tu ne puisses pas aller rouler ! ».

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Cependant, je suis nulle, mais parfois je cherche à m’améliorer : du coup, aujourd’hui, mon Papounet a entrepris de m’apprendre à gonfler un pneu (waaah !). Nous nous accroupissons donc près de la roue arrière, même pas essoufflée, complètement crevée (la roue, hein !).
- « Alors, pour gonfler un pneu… » commence papa.

Et c’est là que je regrette de ne pas l’avoir fait asseoir à côté de moi, quand j’avais neuf ans, pour lui dire sur le même ton professoral : « Alors, pour habiller une Barbie… »

- « Vas-y, Maryse : fais tourner la pipette. »
- « Oh ! mais ça ressemble à un petit zizi ! »
- « Heu… oui, entre autres. Mais bon, ce n’est pas la question : fais-la tourner sans y penser. »
- « Je peux pas. »
- « Pourquoi ? »

Et je montre à mon père ébahi mes petits doigts tout joliment vernis de brun pailleté Bourgeois (extrêmement funny mais extrêmement difficile à mettre et à garder intact). Mes ongles, donc, refusent catégoriquement de se frotter à la pipette, aussi agréable cela puisse être pour elle.

J’ai finalement regardé mon papa gonfler mon pneu arrière, tout seul, comme un grand – il le fait si bien ! Et puis il a l’air de s’amuser aussi. Tellement, qu’il m’a demandé :
- « Celui de devant est toujours gonflé ? »
Et là, Maryse-à-l’esprit-mal-tourné a rigolé :
- « Ca, je n’en sais rien Papa ! Demande plutôt à maman : elle, elle pourra tâter… »


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04 mai 2008

Introduction

S'il y a bien un papier qu'on devrait être content d'avoir, dans la vie, hormis son diplôme et sa première fiche de paye, c'est bien le permis! Tout joli, tout rose, dans sa pochette plastique, le permis de conduire est plus qu'un morceau de carton : c'est la clé de la liberté, le certificat d'indépendance, la perspective d'évadées fabuleuses.

Mon permis, je l'ai : je sais même dire où il est! Dans mon tiroir de gauche, près des objets précieux, entre mes places pour Werchter et des tickets Eurostar. Il est bien rangé et ne bougera pas de sitôt... Parce que, les amis, il y a un truc que vous devez savoir :

MARYSE NE CONDUIT PAS

Maryse a la trouille, Maryse est un danger public, Maryse préfère marcher. On peut tourner et retourner le problème dans tous les sens, on peut me faire la morale, on peut me mettre un couteau sous la gorge : c'est niet! Laissez-moi tranquille, laissez-moi marcher, courir, prendre le bus et le train, me laisser conduire et mener en bateau.

Laissez-moi surtout vous raconter ce qui peut arriver lorsqu'on ne conduit pas...

Voici donc mes aventures d'éternelle piétonne : souvent drôles, parfois rocambolesques et toujours authentiques! Découvrez pas à pas, chaque lundi, des instants sans carburant...

Prêts? En avant : MOTEUR !

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