Je ne serai jamais une belle fille au volant d'une belle voiture

Histoires piétonnes

18 juin 2009

Les Joies du Jardinage

Lorsque j’étais une petite fille, beaucoup de choses que faisaient les grandes personnes me paraissaient incompréhensibles : lire de mauvaises nouvelles dans le journal, manger de la soupe, mettre des talons… Une activité par-dessus tout me laissait perplexe : le jardinage. Je n’ai jamais compris l’intérêt de faire joujou avec la terre (si ce n’est pour faire un coucou poli aux lombrics qui s’y cachent) et de planter des fleurs (si ce n’est pour les voir fleurir quelques mois plus tard).

Maintenant, au crépuscule du printemps et à l’aube de l’été de mes 23 automnes, je comprends enfin et découvre le plaisir de jardiner.

photo_Dialogue_avec_mon_jardinier_2006_5Il ne s’agit pas seulement d’être au grand air, d’écouter les oiseaux chanter et de se salir les mains ; jardiner, c’est s’abandonner à la nature, retourner aux origines. Les 5 sens sont en alerte : la vue d’abord, qui saisit la beauté des formes et des couleurs. Chaque saison laisse son empreinte sur le jardin : le printemps l’embellit de fleurs chatoyantes, l’été le pare de fruits sucrés et juteux, l’automne l’effeuille avec douceur… Le toucher ensuite : poser la paume sur l’écorce d’un chêne robuste, tenir dans ses mains serrées les glands d’un noisetier comme un porte-bonheur, caresser du bout des doigts les pétales des roses rouges entrouvertes. Les gourmands aussi trouveront leur bonheur en découvrant que l’art de jardiner peut littéralement se goûter. Allez donc faire un tour du côté du potager et du verger : vous y trouverez des fraises à poser sur le bord des lèvres avant de les gober, des framboises à laisser fondre sur la langue et des pêches blanches à attraper. Tendez l’oreille aussi : on apprend de nombreuses choses en écoutant le souffle du vent et le murmure des feuillages bruissants.
Enfin, c’est l’odorat qui vient en dernier, pour les plus subtiles narines : vous seuls pourrez connaître et reconnaître l’odeur de votre jardin, les parfums qui s’en échappent, les fragrances qu’il décline.

Maintenant je sais le bonheur minuscule et grandiose de prendre soin d’une terre, de la retourner, de la travailler, d’y planter une graine, de l’arroser et d’attendre voir une fleur pousser. Quand bien même la fleur ne montrerait pas le bout de son nez, j’aurais eu le plaisir de lui avoir donné un espoir de vie lorsque, avec amour et abandon, j’ai embrassé la terre d’où elle aurait pu naître.

Photo du film "Dialogue avec mon jardinier"

Posté par instantcoffee à 20:30 - Méli-Mélo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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