13 juin 2009
La fête des pères
De tous les amours qui traverseront une vie, l'amour filial est le seul qui dure toujours : du premier cri poussé à la maternité au dernier souffle expiré, l'amour d'un père pour sa fille est peut-être le plus fort qui soit. Et vice-et-versa. Un sentiment exigeant pour l'un et destructeur pour l'autre, une tendresse indulgente pour l'une et inconditionnelle pour l'autre. "Dites-vous bien que jamais personne ne vous aimera autant que votre mère et moi"...
Mon papa ne m'a pas appris à rouler à vélo, mais lors de nos balades dominicales vers le château aux cigognes, il m'expliquait comment fonctionnent les garçons, tout en pédalant.
Il m'a expliqué des théorèmes de math en secondaires et le système digestif en 5e primaire.
Il s'est acheté un T-shirt de la tournée d'Alanis Morissette, a conservé tous mes dessins de gamine maladroite et est venu à mes spectacles de danse sans traîner les pieds.
Il se fâchait quand je ne rangeais pas mes Barbies, me prévient quand je prends du poids et s'inquiète quand je n'étudie pas suffisamment à son goût.
Comme il a décidé d'avoir toujours confiance en moi, il est aussi obligé de me pardonner à chaque fois.
Il sera toujours là.
Je connais mon père comme si je l'avais fait : je sais quand il va mal, je vois quand il est bien. Je connais ses soucis, chacune de ses rides au coin des yeux à force d'avoir trop ri.
Si j'avais été un homme, j'aurais voulu être mon papa. Un homme loyal et farceur, intelligent et fidèle, éloquent et généreux. Si je pouvais espérer avoir une seule de ses qualités, je choisirais celle que lui ont transmise ses parents : la capacité de répandre le bonheur autour de soi et, conséquemment, d'être soi-même heureux.
Un jour de canicule, je m'étais installée sur la terrasse pour lire en bronzant.
"Tu as mis une protection solaire?" m'a demandé mon père. Bien sûr que non! Une Maryse qui voit une éclaircie sur son jardin a plutôt tendance à se tartiner d'hydratant pour être sûre de bien cramer et d'être dorée comme un abricot deux jours plus tard, quitte à être rubiconde le lendemain.
J'ai fait un vague signe de la main, ni oui, ni non ; mi figue mi raisin ; à la Normande. Papa est alors arrivé avec le tube de Bodysol : il m'a fait lever le visage vers lui pour étendre lui-même la crème sur la bouille de sa grande fifille. J'ai fermé les yeux et me suis laissée faire, docilement. A un moment, les mains de mon père se sont arrêtées de passer sur mon nez, mes joues, mon front. Il n'y avait plus que les rayons du soleil et, peut-être, son regard sur ma frimousse.
Durant deux secondes, le temps s'est arrêté : et j'ai laissé papa saisir le visage de sa fille qui a fini de grandir.
Commentaires
Voilà un bien bel hommage à une personne qui le mérite amplement, ne serait-ce que parce qu'il t'a faite ! :-) Je vous envie cette relation, cette complicité père-enfant, j'espère la connaître un jour...
Le pauvre homme a d'autant plus de mérite qu'il a eu trois filles, les a bien élevées (quoique, "élevées" n'est pas l'adjectif qui leur convient le mieux !), et n'en a visiblement gardé que peu de séquelles, notamment d'un point de vue psychologique, un vrai miraculé !
Bonne fête J-M (et bonne fête à mon papa J-M aussi tiens, en passant, des fois qu'il parcourrait ce blog... Et bonne fête à J, que je considère aussi comme mon père, qui parcourt régulièrement ce blog à la recherche de nouvelles sources de taquinerie pour le gamin) ! ^^
Merci à D ,on ne taquine que les personnes qu' on aime. et n' oublions pas que le sagittaire est taquin de nature ! ^^
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